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Un terroir en Kabylie


(Auteur: Jean Cabot )
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Un terroir en Kabylie

La massif kabyle et les premiers contreforts du Djurdjura présentent un paysage montagnard typique avec leurs gros villages alignés au sommet des croupes ou nichés sur des replats, dominant toujours un terroir de versant aux pentes accusées, mais entièrement occupé par les petites parcelles de culture complantées et limitées d’arbres variés, adaptés aux différentes altitudes : oliviers, chênes, frênes, figuiers… 

Ces terroirs de bocage montagnard s’ordonnent à partir des villages qui les dominent, par une succession de champs-jardins, puis de champs-vergers. Une culture n’est jamais exclusive et l’association de l’arbre est constante. Les fruits sont destinés essentiellement à la consommation, qu’il s’agisse des olives souvent gardées trop longtemps après la récolte et qui, fermentées, donnent une huile acide, ou des figues dont une faible partie seulement est vendue après séchage. Même les glands du chêne, voire les fruits de ciste, peuvent être consommés en temps de disette, tandis que les frênes fournissent une soudure fourragère appréciée par le petit bétail et les bovins. 

L’aspect des villages ou des quartiers bien groupés (taddert) n’est pourtant pas misérable. Les maisons de pierres blanchies à la chaux et couvertes de tuiles donnent à l’ensemble un aspect durable et ordonné. Certaines constructions récentes laissent même apparaître une aisance due aux envois d’argent des émigrés citadins ou d’outre-mer. L’artisanat traditionnel survit, orienté vers le travail du bois, la cuisson et la décoration de poteries jadis utilitaires, les bijoux d’argent rehaussés de corail et d’émaux. Les spécialisations acquises au cours de séjours en ville ou à l’étranger (plomberie, maçonnerie, électricité) parviennent à s’employer par les associations en coopératives. Mais cette habileté et ce savoir-faire, ces qualités profondes du peuple kabyle ne suffisent pas à réanimer un monde rural qui a atteint depuis longtemps son maximum d’occupation possible (plus de 180 hab/km2, mais en fait 250 ou 300 habitants par kilomètre carré cultivable). L’émigration reste la seule issue face à l’accroissement de la misère.


Localisation : Kabylie, Algérie
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Date : 1971
Auteur : Jean Cabot Visionner sa collection
Ayant droit : Département de géographie de l'Université Laval
Catégorie : Paysage naturel
Numéro : 80407

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